| Périph
Fluide |
MUSIQUE
IMPROVISEE |
Jean-Luc Guionnet
: saxophone alto
Gilles Coronado : guitare
Benjamin Duboc : contrebasse
Edward Perraud : batterie

Mise en forme[s]
visuelle et sonore interrogative du temps et de son appréhension
humaine.
Moyen métrage
/ couleurs / 55 minutes / DV Pal
Réalisation : Philippe Leteissier
Images : Philippe Leteissier
Montage : Philippe Leteissier
Voix : Daniel Erdmann [Also sprach Zarathustra de F.Nietzsche]
Texte et traitement des insertions sonores : Benjamin Duboc
Regarde cette porte,
nain ! ai-je dit encore : elle a deux visages. Deux chemins se rejoignent
ici : personne ne les a suivis jusqu’au bout.
Cette longue rue derrière : elle dure une éternité.
Et cette autre longue rue devant – c’est une autre éternité.
Ils se contredisent, ces chemins ; ils se heurtent de la tête
: – et c’est ici, à cette porte, qu’ils
se rencontrent. Le nom est écrit au-dessus : « instant
». (Friedrich Nietzsche, Ainsi parla Zarathoustra
– Traduit de l’allemand par Maël Renouard)
A l’écran
— un film
Au début, un fond
noir et une insertion sonore de trois minutes et seize secondes
réalisée à partir d’une lecture d’un
texte conçernant l’instant - Augenblick –
provenant de la version original Also sprach Zarathustra
de F. Nietzsche.
Puis, un écran partitionné :
- en haut [les images du périphérique parisien en
continu]
- en bas [trois cadres rectangulaires distincts dans lesquels évoluent
des images d’archives du réalisateur Philippe Leteissier
et des prises de vues contemporaines contrastantes de sens et de
vitesses].
À la fin, un texte, un texte inséré au film.
Un texte sur le temps, sur l’instant, sur l’infini,
sur la mort.
Le film ainsi projeté se propose autant comme une réalisation
cinématographique à part entière que comme
une véritable partition visuelle.
Sur scène
— quatre musiciens
Quatre voies, quatre
musiciens.
Chaque musicien visionne sur son moniteur de contrôle le film
projeté simultanément sur grand écran pour
le public.
Chaque passage d’un véhicule sur le repère est
transformé en onde sonore.
Une musique à poly-vitesses aléatoires va s’exprimer.
Ceci est le travail de base de l’improvisation.
L’improvisation et sa connotation de liberté ne sont
pas définies par opposition à la contrainte.
Au contraire, elles sont indissociables.
Il y a contrainte de notre histoire, de nos habitudes, il y a ce
que nous pouvons entendre, tout ce que nous ne maîtrisons
pas, et cette contrainte humaine : l’impossibilité
d’annihiler notre perception et l’interprétation
que nous nous en faisons — NOTRE CHOIX EST NUL —
Concernant cette constante interprétation du réel,
Pierre Reverdy parle de réel transformé comme seul
réel humainement possible.
L’absence de contrainte paraît être absolument
impossible comme l’absolu paraît l’être
aussi.
Tout ce qui se réfère à l’extérieurement
humain ne peut et ne pourra être imaginé.
Tenter son image est bien la quête éternelle de l’inconnu,
mais parlons ici franchement, la quête est vaine : elle est
éternelle autant que semble éternelle notre impossibilité
en tout point à se détacher du connu.
Enfermés dans le matériau perceptionnel et
dimensionnel humain, nous ne pouvons que repousser sa limite.
Proposons dès lors l’abolition du mot inhumain.
Quant à l’improvisation, elle est une croyance, une
volonté de choix dans ce non - choix.
Elle est tentative,sans jamais y parvenir nous tendons vers l’impossible.
Concerts
2005
Les Vôutes (Paris)
2006
Les instants vidéos nomades
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